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  • : Le blog de MOSER CHRISTINE
  • Le blog de MOSER CHRISTINE
  • : J'ai l'intention de consacrer ce blog à deux de mes passions, la littérature et l'écriture. La première est facile à assouvir, la seconde s'entretient chaque jour. J'ai envie de parler de mes travaux d'écriture en tout genre : des récits et biographies écrits sur commande, des piges pour la presse, des lettres publicitaires, ou encore des histoires illustrées pour enfants. Les projets sont également nombreux...
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Nouvelle parue dans le magazine Maxi N°852



      Claude avait beau compter et recompter, le bilan était catastrophique ... Dorénavant, toute la famille allait devoir y mettre du sien et réduire les dépenses : terminé l'abonnement au câble, ainsi que les scéances de cinéma, de poney ou les sorties du dimanche ! Pour compléter le tableau, le four avait rendu l'âme et il était inconcevable de le remplacer pour l'instant. Le bord du gouffre n'était pas loin; claude savait que ce n'était pas le salaire d'Eva, son épouse, qui permettrait de redresser la barre; et il savait également que la situation ne risquait pas de s'améliorer : la boite qui l'employait allait de plus en plus mal, et malgré ses compétences et son ancienneté, il avait fait partie de la dernière charette ... Bien sûr, une fois le choc encaissé, il s'était persuadé qu'il allait facilement retrouver du travail. Mais les mois avaient passé, et claude avait essuyé échec sur échec; peu à peu, il avait cédé au découragement, et passait ses journées à errer dans la maison comme une âme en peine. Il décida de laisser tomber ses comptes. Puisqu'il ne pouvait pas faire changer le cours des choses, autant aller se coucher...
     Il passa une nuit agitée, peuplée de cauchemars dans lesquels il était pourchassé par une horde de créanciers. Le lendemain matin, au petit déjeuner, Eva, touchée par l'air abattu de son mari s'éfforça de prendre un ton enjoué :
     - Tu sais chéri, j'ai pensé à quelque chose : j'ai toujours voulu avoir un potager. Et toi, tu promets sans cesse de t'y mettre. Peut-être que ce serait justement le bon moment ? suggéra-t-elle, avant d'ajouter malicieusement :
     - Et puis ça nous permettrait de mettre des épinards dans le beurre !
     Claude réalisait parfaitement que sa femme faisait tout pour dédramatiser la situation, toutefois il aurait préféré rapporter de l'argent à la maison, plutôt que cultiver des légumes au fond du jardin ! Il promit de s'y mettre. Pourtant, Eva partie à son boulot et les enfants à l'école, il recommença à tourner en rond. Jusqu'au moment où, enfin, il se décida en soupirant. "Bon, je vais aller le lui faire, son potager..." Il commença à creuser et, très vite, se maudit d'avoir entamé ce travail harassant. La terre était difficile, collante, lourde, et il fallait constamment se baisser pour ramasser des cailloux contre lesquels la bêche butait. Il lâcha un juron : "M...., celui-là, c'est un gros !" Claude essaya de dégager la pierre de la bêche. En vain. Il creusa tout autour. La pierre... n'était pas une pierre.
     Il était maintenant assis dans la cuisine, totalement hypnotisé par la vieille boite de biscuits en métal toute rouillée qu'il venait de déterrer; elle était ouverte devant lui. Impossible de détacher le regard des bijoux qu'elle contenait. Sans être spécialiste, Claude devina qu'il venait de tomber sur une petite fortune. Totalement abasourdi, l'heureux jardinier referma la boite. Il se forçait à respirer lentement afin de réflechir efficacement, marmonnant pour lui-même : "D'abord une douche... Puis je file en ville pour me renseigner... Quelle heure est-il ? Ça va, j'ai le temps..." Les enfants ne rentreraient pas de l'école avant plusieurs heures. Quant à Eva, elle était invitée au pot de départ d'une collègue et avait prévenu qu'elle rentrerait tard. Claude réfléchit un moment. Pas question d'emmener l'intégralité de sa découverte. On ne sait jamais ! Il choisit un petit pendentif. Puis il dévissa le fond du four - de toute façon, il était fichu - il y cacha le contenu de la précieuse caissette, et monta dans sa voiture en sifflotant.
     Il était plus de 21 heures lorqu'il revint, une bouteille de champagne à la main. Il était franchement en retard pour le dîner, mais, avec la bonne nouvelle qu'il avait à annoncer, pas de doute qu'Eva lui pardonnerait. Les quatre bijoutiers consultés avaient été catégoriques : le pendentif était en or, et ancien. Les bijoux valaient une fortune ! Ce soir, Claude et Eva fêteraient la fin de la galère. Aussitôt le seuil franchi, une odeur succulente l'enveloppa. Des lasagnes ! se réjouit-il. J'adore ! Décidément, une belle journée ! Penchée sur l'évier, Eva lavait une salade. Claude déposa la bouteille de champagne sur la table de la cuisine. Le léger bruit attira la regard de sa femme.
     - Oh, tu es là ? Les enfants sont déjà couchés, tu sais... Tout à coup, elle vit la bouteille. Du champagne ! Décidement, les nouvelles vont vite ! Tu es content ?
     Claude fronça les sourcils. Les nouvelles ? Content ? Il n'avait parlé à personne de sa découverte, pourtant !
     - Qu'est-ce qui se passe, Eva, et qui t'a mise au courant ?
     - Au courant ? Mais ce serait plutôt à moi de te poser la question !
     Elle souriait. Puis s'expliqua :
     - Figure-toi qu'on m'a annoncé ma promotion aujourd'hui ! Je vais gagner deux cents euros de plus ! Tu te rends compte, deux cents euros !
Elle était terriblement excitée. Claude fit son possible pour la calmer, mais peine perdue. Eva continuait :
     - Attends, chéri, je termine... Du coup, comme je vais être bientôt payée, j'ai filé acheter un four pour te préparer ton plat favori !
     Claude palît brusquement. Il se laissa tomber sur une chaise, articulant péniblement :
     - Tu... tu as acheté... un four ?
     Il jeta sur sa femme un oeil désespéré. Il avait l'air hébété, en répétant un... four ? Puis, tout d'un coup :
     - Mais qu'est-ce que tu as fait de l'ancien ?
     Sa voix était blanche. Eva le regarda, interloquée.
     - L'ancien ? Que voulais-tu en faire, gros bêta ! L'installateur nous en a débarrassé afin de le mettre à la casse. Il n'y avait rien à en tirer. Il était bon à jeter !























                                                                                                                       

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